Sibeth Ndiaye, nouvelle porte parole de l’Elysée.

Tapis dans l’hombre de M. Macron depuis sa campagne présidentielle jusqu’à son élection, Sibeth est enfin révélée au grand public.

C’est lors du remaniement ministériel du 31 mars dernier que Sibeth apparaît au grand jour par sa nomination en tant que secrétaire d’Etat et porte parole de l’Elysée en remplacement de M. Benjamin Griveaux, parti briguer la Mairie de Paris.

Mais, qui est Sibeth ?

Sibeth Ndiaye est née le 13 décembre 1979 au quartier du Plateau de Dakar. Son prénom évoque les reines combattantes de la Casamance et signifie « qui a gagné beaucoup de combats » en langue diola.

Son père, Fara Ndiaye, a participé à la création du Parti africain de l’indépendance avant de devenir numéro deux du Parti démocratique sénégalais d’Abdoulaye Wade et membre de l’Assemblée nationale. Sa mère, Mireille Ndiaye, morte en 2015, est une haute magistrate qui a présidé la chambre pénale de la Cour de cassation du Sénégal, puis a été présidente du Conseil constitutionnel de 2002 à 2010. Pour Sibeth Ndiaye, son enfance « s’est nourrie du récit de la lutte pour les indépendances à laquelle ses parents, étudiants venus des anciennes colonies, ont participé ». Ses trois sœurs vivent en Afrique, l’une à Lomé (Togo), l’autre entre Lagos (Nigeria) et Abidjan (Côte d’Ivoire), l’aînée à Dakar.

Formation

Sibeth Ndiaye passe son adolescence au Sénégal, jusqu’à l’obtention de son brevet à l’institution Jeanne d’Arc de Dakar. Elle fréquente ensuite le lycée Montaigne de Paris, puis étudie la philosophie politique à l’université Paris-Diderot entre 2004 et 2006. Elle obtient en 2007 un master 2 en économie publique et protection sociale à l’université Panthéon-Sorbonne.

Parcours politique

Parallèlement à ses études, Sibeth Ndiaye milite au sein de l’UNEF de 1999 à 2006 et est administratrice de La Mutuelle des étudiants de 2003 à 2008. Elle déclare avoir adhéré au Parti socialiste en réaction à l’accession de Jean-Marie Le Pen au deuxième tour de la présidentielle de 2002. Avec Ismaël Emelien, Stanislas Guerini et Benjamin Griveaux, elle fait partie de l’équipe de campagne de Dominique Strauss-Kahn pour la primaire PS de 2006.

Résidant à Saint-Denis en Seine-Saint-Denis, elle est directrice de la campagne de Mathieu Hanotin lors des élections cantonales de 2008 sur le canton de Saint-Denis-Sud. Membre du courant strauss-kahnien, Martine Aubry la nomme secrétaire nationale du PS chargée de la petite enfance en 2009. Sa nomination est alors critiquée en raison de sa nationalité par Georges Sali, le responsable local du PS de Saint-Denis, section qu’elle jugeait alors « clanique ».

En mars 2008, elle est nommée cheffe du service presse de Claude Bartolone, nouvellement élu président du conseil général de la Seine-Saint-Denis, puis y devient chargée de mission en 2010. Elle soutient Martine Aubry lors de la primaire de la gauche de 2011 pour l’élection présidentielle de 2012. Après la victoire de François Hollande, elle devient chargée de mission presse et communication au cabinet d’Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, et garde ses fonctions quand Emmanuel Macron lui succède à Bercy. Quand ce dernier fonde En Marche, après quelques jours de réflexion et l’insistance d’Alexis Kohler, elle l’y suit comme conseillère presse et communication, séduite par « la volonté de transcender les clivages existants, la tentative audacieuse pour essayer autre chose, et le sentiment que ça ne pouvait plus continuer comme avant ».

« La France m’a beaucoup donné. Aujourd’hui c’est à mon tour de lui rendre ». Dans « ce pays que je me suis choisi », a ajouté Sibeth Ndiaye, naturalisée en juin 2016, « avant même d’être Française, j’ai compté parmi les engagés de ce pays ». Il s’agit là d’une référence à son passé de militante de gauche en Seine Saint-Denis.
Le 8 mai 2017, elle se fait connaître du grand public par le documentaire de Yann L’Hénoret « Emmanuel Macron, les coulisses d’une victoire », diffusé sur TF1 le lendemain du second tour de l’élection présidentielle. Elle apparaît comme l’un des personnages clefs du cercle qui entourent et conseillent le candidat. Le 14 mai 2017, elle assiste à l’investiture de M. Macron et devient conseillère presse pour les affaires nationales auprès de Sylvain Fort, chargé de la communication de l’Élysée.

Après la communication dans le clan Hollande, Sibeth Ndiaye participe au verrouillage de la communication élyséenne. Elle parvient à faire déménager la salle de presse de l’Élysée, installée depuis Valéry Giscard d’Estaing dans la cour du Palais, malgré l’opposition acharnée de l’association de la presse présidentielle. Elle accompagne Emmanuel Macron seulement lors de ses déplacements à risques. Elle exige des employés de l’Élysée de ne pas se répandre en indiscrétions, et s’occupe du choix des journalistes accrédités dans les déplacements.

Les sondages de popularité d’Emmanuel Macron accusant une forte baisse durant l’été 2017 et sa distance avec la presse étant critiquée, le pôle communication de l’Élysée est alors renforcé par la nomination du journaliste Bruno Roger-Petit le 1er septembre. A ce sujet, le Figaro indique qu’elle est un temps affaiblie par la nomination de Bruno Roger-Petit. Elle entre alors dans une concurrence acharnée avec lui. Une bataille dont elle est sortie vainqueur .

Dimanche 31 mars 2019, elle est nommée secrétaire d’État et porte-parole du gouvernement en remplacement de Benjamin Griveaux.
Selon 20 Minutes, Sibeth Ndiaye va donc devoir convaincre puisque, depuis dimanche soir, les critiques de l’opposition se focalisent sur ses déclarations passées, en particulier sur celles rapportées par l’hebdomadaire L’Express en juillet 2017. Et elle s’était dite prête à « mentir » pour protéger le président. Lors de la cérémonie de passation de pouvoir organisée le lendemain de sa nomination, elle rétorque : « ces paroles ont été sorties de leur contexte et tronquées ». « Elles visaient à protéger la vie privée du président de la République dans un moment de vie personnelle, c’était ma fonction à l’époque ». Mais, pourquoi la critique t-on ? Que font donc les politiciens la plupart du temps ? Si ce n’est mentir au peuple en évoquant la raison d’Etat.

TT59 note que certaines presses en veulent beaucoup à Sibeth. TT59 espère qu’elle sera protégée et soutenue par le gouvernement pour qui elle travaille. Qu’elle ne sera pas abandonnée et livrée aux vindictes aux injures et aux infamies comme le fut Mme Christian Taubira, ex-ministre de la justice sous M. Hollande sans que le gouvernement ne démontre avec force son opposition à ce genre de comportement. Et tout ça se passait passivement en France, pays des droits de l’homme, où le racisme, l’antisémitisme et les discriminations sont pourtant interdits par la loi…

Nous rappelons que Sibeth n’est pas un ennemi du peuple ni d’Etat. Ses dires : « La France m’a beaucoup donné. Aujourd’hui c’est à mon tour de lui rendre ».